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La Lettre n°143 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°02/ 2012 -

Une crise financière majeure (III)

 

        Durant les derniers mois de la fin de l’année 2009 et pendant une large partie du premier semestre 2010, la question que tout le monde se posait alors était de savoir si la reprise qui était en train de se dessiner sur le plan macroéconomique, conduisait à un scénario de sortie de crise en « V » ou de rechute en « W ». Les questions touchant successivement à la crise de l’euro, à l’endettement des économies occidentales et au possible ralentissement des économies émergentes n’autorisant pas à un excès d’optimisme en la matière.

        Aujourd’hui nous avons la réponse : depuis le courant du 1er semestre de 2011, nous sommes dans le schéma d’un « W ». A l’évidence, la crise de confiance qui affectait initialement la zone euro et, par effet de contagion, successivement les pays de l’Union Européenne et ceux de l’Europe continentale, a deux origines : la crise dite des subprime dont l’épicentre sont les Etats-Unis et celle de l’Union Européenne, en raison de son hétérogénéité économique et financière. La grave question des dettes souveraines est une des conséquences du dysfonctionnement de « la classe » européenne. Si les états signataires du Traité de Maastricht avaient eu le souci d’en respecter le contenu, la crise monétaire de l’été 2011 ne serait probablement pas apparue : déficit budgétaire fixé à moins de 3% et endettement contenu car strictement inférieur à 60% du PIB.

        Les récentes notes décernées par l’agence américaine Standard and Poor’s à l’encontre de certains pays européens, dont la France, sont moins une attaque en règle contre la gestion de tel ou tel d’entre eux, que la crainte que des politiques budgétaires restrictives mises en place par la plupart des responsables économiques européens conduisent à un cycle de la décroissance. Le traitement se révèlerait alors pire que le mal dont elles sont porteuses.

        La confiance étant le carburant des marchés financiers, on comprend dès lors que les différents acteurs nourrissent des craintes à l’égard de tel ou tel pays, en raison d’éventuelles défections dans le remboursement de sa dette souveraine. Cette problématique est à présent durablement installée dans l’environnement économique et financier international.

        Nous commettrions une très grave erreur si nous considérions que la question de l’endettement est provisoire. Elle fera partie du paysage économique pour de très nombreuses années. Enfin, il faut avoir à l’esprit que si aujourd’hui les pays émergents ne sont pas concernés directement par la question des dettes souveraines, ils en subiront les conséquences indirectement, si elle n’est pas traitée de manière radicale et définitive. Nous vivons dans un monde ouvert accompagné par une libre circulation des biens, des personnes et des capitaux.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 12 janvier 2012.